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The Battle Of Djbel Bouzegza

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Ithri

Ithri

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As related by Commandant Azzedine in ElWatan today's edition. A must read.

« Fi Djbel Bouzegza Ki djat Franssa testehzaHasbetna khobzaTahna aâliha berraffal ! »(Chanson populaire durant la guerre de Libération nationale)

Le Bouzegza est ce massif bleu violacé, couleur qui lui a donné sonnom (azegza veut dire bleu en tamazight) qui offre, à l’est de laMitidja, son ubac à la mer.

C’estce dos de lion couché qui porte sur ses contreforts les gros bourgsvoisins méridionaux et orientaux de la capitale. C’est ce lieu d’où ontdéferlé les fantassins en armes, tout comme l’ont fait ceux del’Ouarsenis et du Djurdjura pour courir au secours d’Alger, désertéepar les Janissaires en déroute le 14 juin 1830, quand les arméescoloniales se sont répandues sur la grève de Sidi Fredj. C’est cedjebel mythique où le prestigieux commando Ali Khodja, unité d’élitedes combattants de la glorieuse ALN de la Wilaya IV, a écrit, les 4, 8et 12 août 1957, des pages de légende parmi les plus illustres de laguerre de Libération nationale. Djebel qualifié de « pourri » par legénéral Jacques Massu dans ses mémoires en raison de la dérouilléequ’il y a écopé puisqu’il y a laissé plus de six cents morts dans lesrangs de son armée ! Après le démantèlement de la première zoneautonome d’Alger successif à l’arrestation de son chef Yacef Saâdi (23septembre 1957) et la mort d’Ali La Pointe et de ses compagnons dans unrefuge à La Casbah (8 octobre 1957), l’armée française aconsidérablement épaissi ses effectifs militaires dans les maquis,particulièrement les wilayas périmétriques de la capitale. La pressions’est particulièrement imposée sur la Wilaya IV, d’évidence en raisonde sa contiguïté.

Dès lors qu’Alger a été éreintée et sa farouche résistance réduite,il ne se passait plus un jour sans que les armées coloniales en nombre,tous corps confondus, appuyées par des moyens aériens et terrestresconsidérables, ne se déploient comme la misère sur le monde à traversmonts et talwegs. Un harcèlement permanent ! Il en sortait de partout.Les hélicoptères de transport, qu’on appelait les « bananes » (voirencadré), pondaient journellement des hommes en armes sur les crêtes etles pentes des reliefs les plus escarpés. Une crête occupée parl’adversaire était pour nous une bataille de perdue ! Le quadrillageétait d’un tel maillage que la seule région de Ouled Moussa(ex-Saint-Pierre-Saint-Paul) était hérissée de pas moins de 58 postesmilitaires ! Une submersion asphyxiante qui nous contraignait à vivreen apnée.Alors que depuis les premières actions d’Ali Khodja et de son commandonous avions appris à opérer et nous mouvoir au grand jour, laconstriction exercée sur nous par l’ennemi nous astreignait à uneposition défensive. L’initiative nous avait échappé et sans uneréaction salutaire, nous risquions de perdre tout le terrainlaborieusement gagné politiquement et militairement, après de durscombats souvent coûteux en vies humaines. Face à ce pressing mortel, leconseil de la Wilaya IV, alors présidé par le commandant Si M’hamed –qui assurait encore l’intérim du commandement après le départ pourTunis du colonel Si Sadek – avait pris la décision historique etcombien audacieuse de lancer une offensive généralisée contre lesvilles et villages relevant de sa compétence territoriale. Cettestratégie apparaissait comme la seule solution susceptible de desserrerl’étau létal qui nous étranglait. L’extension de nos capacités denuisance et l’élargissement de notre champ d’intervention, lamultiplication des points d’impact de nos raids allaient nécessairementfragmenter les rangs de l’adversaire et modérer la compacité de sesénormes moyens.

Nous somme début août 1957, conformément à l’ordre du conseil dewilaya, toutes les unités combattantes que comptait la IV sont passéesà l’action. Du fait de ma parfaite connaissance de la région de Tablat,de son relief et de ses installations militaires sensibles – je m’étaisévadé de sa prison le 20 octobre 1956 – il échut au commando AliKhodja, que je dirigeais depuis sa reformation à Boukrem en janvier1957, la mission de mener une attaque et d’y faire le plus de tintouinpossible pour y semer la panique dans les rangs et la peur dans lesesprits. Malheureusement, en arrivant de nuit aux abords de ce grosbourg qu’il était à l’époque, contrôlant une position stratégique surl’axe routier Alger-Bou Saâda après le col des Deux Bassins, notredéconvenue a été grande quand nous avons constaté une concentrationmassive de troupes ennemies fortement équipées. L’armée coloniales’apprêtait visiblement à lancer un de ces terribles et redoutablesratissages qui n’épargnait rien, ni les hommes ni leur environnement.Audacieux mais surtout pas téméraires, nous avons évité l’objectif pourle contourner et nous diriger vers le nord, vers le massif de Bouzegza.Sans le savoir, nous allions à la rencontre de ce qu’un coup du destinva transformer en un véritable enfer sur la terre. Alors que nousfaisions mouvement vers la région de Djebel Zima, au centre du triangleKhemis El Khechna-Tablat-Lakhdaria, éludant prudemment un affrontementdéfavorable pour nous contre un ennemi de loin supérieur en nombre eten moyens, les autres unités avait lancé des attaques foudroyantes surtoutes les cibles qui avaient été déterminées. L’écho a été puissant età la hauteur de nos espérances. La section de Si Boualem avait opérécontre Palestro (aujourd’hui Lakhdaria) avec succès. Les djounoudavaient même pris le soin de vider une pharmacie, emportant médicamentset nécessaires de premiers secours. Cependant, jouant de malchance,lors de la retraite de nuit, l’infirmier de la section fut arrêté.Interrogé sur la destination du retrait de sa section, sauvagementtorturé, épuisé, il finit par lâcher, tout à fait fortuitement, unedestination : Bouzegza ! Il savait que c’était faux mais il pensaitainsi fourvoyer ses tortionnaires sur une fausse piste. Ce qu’il nesavait pas par contre, c’est que nous nous étions réfugiés dans cetendroit, convaincus que nous y serions à l’abri car loin des voiesprincipales de communication. Il y a lieu de préciser qu’en 1957, lesmontagnes et les forêts d’Algérie n’avaient pas encore été balafrées depistes, chemins et sentiers par les scrapers et les bulldozers du géniemilitaire.

Ainsi, ne sachant bien évidemment rien du sort cruel de l’infirmiermalchanceux de la section de Si Boualem, nous pensions que nous étionsloin d’une éventuelle opération des Français. La région de Djebel Zimaoù nous avions décidé de nous arrêter était traversée en son milieu parune ravine fortement encaissée. C’est un petit affluent de l’ouedCorso, sec en cette période de l’été. Les versants de la montagneétaient inégalement couverts ; tandis que l’un présentait plutôtl’aspect d’un maquis plus ou moins buissonneux, l’autre qui lui faisaitface était constitué de pierraille et de caillasse incandescente en cemois d’août. Nous étions réfugiés dans les maisonnettes éparses de ladechra. Nous comptions les heures et, de manière générale,lorsqu’arrivait 13h, nous pouvions souffler car une attaque ennemie quicommençait à cette heure de la journée nous permettait souvent, aprèsune résistance conséquente, de décrocher à la faveur de la nuittombante. L’obscurité rendait l’intervention de l’aviation impossibleet l’usage de l’artillerie inutile. Nous exploitions les ténèbres poursortir du ratissage. Mais cela était valable pour les mois d’hiver, vula courte durée du jour. En été, la nuit tombe tardivement. Ce quifaisait que ce n’est que sur les coups de 16h que la menace s’éloignaitsans jamais disparaître et anesthésier notre vigilance. L’arméefrançaise ne sortait ordinairement pas une certaine heure passée.Alors, nous pouvions nous occuper des tâches d’hygiène et profiter del’accalmie pour une petite toilette et/ou une lessive. Ce jour du 4août 1957, il était approximativement 15h, tout paraissait tranquille.Subitement les cigales cessèrent de striduler…Brusquement comme surgit du silence et jaillit du néant, un déferlementd’hommes et d’armes emplit, dans un grondement tumultueux, le ciel etla terre. Le versant, qui faisait face aux masures dans lesquelles nousnous trouvions, a été littéralement dévasté par les tirs de l’aviation.De l’infirmerie tenue par Baya el Kahla, une infirmière digne de tousles éloges, où je rendais visite aux malades et aux blessés,j’observais le déluge de fer et de poudre qui s’abattait sur un espacequi ne mesurait pas plus de deux kilomètres carrés.

Des moyens démesurés, cyclopéens avaient été déployés contre ce quien l’état de leur connaissance se voulait la simple section ducapitaine si Boualem qui avait opéré son coup de force à Palestro. Surles crêtes qui nous faisaient face, les « bananes », tels des oiseauxd’acier géants pondaient, dans la chaleur et la poussière épaissesoulevée par les rotors qui fouettaient l’air dans un sifflementsinistre, des couvées entières de soldats armés jusqu’aux dents qui,cassés en deux, s’éloignaient des pales, avant de prendre position. Unefois leur ponte au sol, les appareils frappés de la cocarde tricolorede l’armée colonialiste, amblaient, pour regagner de l’altitude dans leciel irradiant, vibrant de réverbération, pour laisser d’autresautogyres épandre d’autres troupes. Très vite, je me suis rendu compte,au regard de cette débauche d’hommes et de matériel, en observant lesmouvements tout à fait improvisés des troupes au sol, que cetteopération avaient en fait été préparée à la hâte et qu’il n’y avaitdans tout ce remue-ménage aucune tactique élaborée préalablement.Pourtant, apprendrons-nous plus tard, cette expédition étaitdirectement commandée sur le terrain par le général Jacques Massulequel s’était vu confier en janvier par Robert Lacoste les pleinspouvoirs de police. Il était accompagné des généraux Allard, deMaisonrouge et Simon. A la manière d’une machine à coudre les avionssurfilaient les flancs de la montagne.Mais ils avaient à faire à des hommes aguerris qui avaient l’instinctde guerre des combattants les plus expérimentés. Les djounoud ducommando avaient eu l’extrême intelligence militaire de ne pas bougerpour tenter une sortie ou essayer de décrocher.S’ils avaient commis cette erreur, non seulement ils auraient été descibles que l’aviation aurait vite repérées et taillées en pièces maisles hélicoptères au lieu d’atterrir sur le versant d’en face, auraientdéposé les troupes sur la crête du même côté où nous nous trouvions.Ainsi ont-ils laissé passer le bombardement intensif comme on patienteque l’orage se vide et jusqu’à ce que les « bananes » se soientéloignées abandonnant leur pondaison sur l’autre versant. Nous étionsen face d’eux. A peu près deux cents mètres, à vol d’oiseau, nousséparaient. Mais il fallait une bonne vingtaine de minutes pour allerd’un point à l’autre. Dans le ciel plombé, les Pipers, tels desvautours, décrivaient inlassablement leurs cercles excentriques.

Nous étions hors de portée de leurs mitraillettes (voir encadré)mais pas des fusils. Tandis que mes vêtements séchaient, habillé d’unesimple gandoura, je me trouvais à quelques enjambées des maisons oùétaient répartis les membres du commando. Je les rejoint à toutevitesse, et enfilait promptement mon treillis encore humide.Nous avonsencore temporisé un moment pour bien situer les positions de l’ennemi.Puis, furtivement nous sommes sortis de nos abris et nous avons gagnéla crête. Nous avions une vue synoptique de toute la région. A notregrande stupéfaction d’autres troupes escaladaient en ahanant lacontre-pente. Half-tracks, véhicules blindés, camions de transport detroupes… se dirigeaient vers le lieu où nous avions pris position. A cemoment, j’ai réalisé que leur manœuvre, même impréparée, pouvaitdéboucher sur un encerclement qui nous serait fatal. Je me souviens dece chef de section, ô combien courageux, qui avait sorti le drapeaunational, décidé à partir à l’assaut de cette nuée en armes. D’un gesteje l’en dissuadais. Il ne fallait surtout pas qu’ils nous repèrent.Pour l’heure la confusion était totale de leur côté. Nous étions vêtusdes mêmes treillis que nous portions de la même façon au point que nouspoussions le détail jusqu’à mettre, comme eux, le col de la chemise surle revers de la vareuse du battle-dress. Comme eux, nous étions coiffésde chapeaux de brousse, ces couvre-chefs de toile, dont un bord estrelevé à l’aide d’un bouton pression. Et pour cause, tout comme notre« usine d’armement », notre « atelier de confection » était la « routegoudronnée » où nous montions nos embuscades. Nous recevions rarementdes équipements de l’extérieur et nous ne les portions jamais. Que cesoit les armes ou les tenues, je ne me souviens pas que le commando enait un jour fait usage. Face à l’ennemi, peu économe en matériel decombat, nous disposions nous aussi de mitrailleuses 30 (voir encadré).Toutefois, comme elles consommaient des quantités de munitions tropimportantes nous avons dû renoncer à leur emploi. En revanche, nousavions des FM BAR, fusils-mitrailleurs de l’OTAN, des FM 24/29,fusils-mitrailleurs français, des mitraillettes Thomson, d’un calibre11.43, comme celle des films noirs américains, des MAT 49 françaises,des fusils MAS français, armes de précision, des fusils américainsGarand, des carabines US, etc. Pour tout dire, le commando était arméde 9 fusils-mitrailleurs. A ma connaissance, aucune compagnie del’armée d’en face n’en disposait d’autant. Si nous ne comptons que lesarmes de poing et d’épaule, conventionnelles s’entend, notre puissancede feu dans les engagements était souvent supérieure à n’importe quelleéquivalence numérale française. Cela signifie aussi que chaque groupeavait un FM soit un total de trois par section !Neuf fusils-mitrailleurs qui aboient de concert est d’un effetdéconcertant sur l’adversaire !

Lors de nos diverses opérations et embuscades nous récupérionsbeaucoup d’armements. Nous gardions les meilleurs et nous donnions ànos frères, des autres secteurs et régions ou aux moussebiline, cellesdont nous n’avions pas besoin. Comme nous ne voulions pas dépasser lakatiba de 110 hommes, nous ne conservions que les armes requises pourun tel effectif… Le petit incident du drapeau passé, nous nous sommesfondus dans terrain et observions les agissement des soldats à lajumelle. Au bout d’un moment, nous avons compté à première vue deuxcompagnies environ qui arrivaient du sud là-bas vers Palestro. Unecompagnie française est composée de quelque 140 hommes. Vu la distancequi nous séparait, nous avions présumé qu’il s’agissait de la sectionde Si Boualem qui repliait. Mais très vite nous nous sommes renduscompte qu’il s’agissait aussi d’unités ennemies. Nous les avons laissésvenir à nous, toujours tapis, nous confondant avec le relief et lavégétation de broussailles et d’épineux.Subrepticement, avec un petit groupe de djounoud armés de mitraillettesnous allons à leur rencontre, laissant les fusils et sixfusils-mitrailleurs sur la crête pour nous protéger d’un raid aérienéventuel. Nous allions résolument vers l’affrontement, sans tropd’agitation. Les hommes sur lesquels nous allions fondre étaient commenous, jeunes, mais visiblement sans expérience, ils étaient hésitants,bavards, s’interpellaient sans cesse. Ils se tordaient les chevillesdans la caillasse, se plaignaient, puis repartaient sans trop savoirvers où ils se dirigeaient. Ils nous aperçoivent mais ils sontpersuadés que nous étions des leurs, vu que ne tirions pas. Mais unefois à portée de nos MAT nous les arrosons copieusement…

Posted Image Bon Dieu nous sommes des dragons ne tirez pas ! Hurlaient-ils.
Posted Image Maisalors que faites vous là-bas, si vous êtes des dragons Rejoignez-nousdans ce cas ! leur répondais-je, avec force gestes autoritaires,ajoutant ainsi à la confusion s’emparait d’eux.
Posted Image Vousêtes complètement barjos, vous avez abattu des hommes à moi, criaitcelui qui commandait la troupe. Alors qu’ils croyaient avoir affaireaux leurs, nous surgissions et en arrêtions par paquets dans cetembrouillamini total. On les arrête par sections entières. « Levez lesmains ! » Délestés de leurs armes, paniqués, les prisonniers montent encourant la pente jusqu’à la crête où les cueillent les membres ducommando restés en poste. Ils s’entassent, s’accroupissent dans lescours des maisons. Nous jetons en tas leurs armes et leurs munitions.« Quel pactole ! Jamais vu ça ! » A un moment donné l’aviation asurvolé le champ de bataille, mais pour opérer il faut qu’une distancenous sépare et comme nous étions vêtus des mêmes uniformes, du ciel,les pilotes ne pouvaient pas nous distinguer les uns des autres. Demême pour l’artillerie qui ne pouvait pas pilonner, tant que nousétions rivés à eux. Nous ne leur laissions pas le temps de sepositionner loin de nous et dégager un espace qui nous sépareraitsuffisamment pour permettre un bombardement aérien ou un tir de barragede l’artillerie. Mais au bout d’un instant, les appareils reviennent etl’artillerie se réveille. Les uns mitraillent, l’autre canonne, sansdistinction. A l’aveugle. Nous reculons et nous dégageons pourrejoindre les fusils-mitrailleurs et les fusils embusqués sur la crêteet les laissons faire un carnage dans leurs propres rangs. Le combat sedéroulait à la mitraillette. Habitués au terrain et à ses accidents,nous nous déplacions plus rapidement et utilisions le moindreescarpement pour nous placer hors de portée de leurs tirs. A ladécimation causée par l’aviation et l’artillerie, qui s’acharnent surleurs propres troupes, s’ajoutent les giboulées de nos fusilsmitrailleurs qui entrent en action…C’est une opération qui a débuté vers 15h et qui a duré jusqu’au débutde la nuit.

Quoiqu’en dise, la propagande militaire française relayée par lesjournaux colonialistes de l’époque qui ont fait état de prétenduesdizaines de morts dans nos rangs, j’affirme, en tant que responsable dece commando d’élite dont l’héroïsme et la bravoure ont été chantés parle peuple qui l’a enfanté, et déclare devant les vingt témoins de cettebataille et qui sont toujours en vie (voir leur liste), que nous avonsrelevé hélas la mort de moussebilin et de pauvres civils sans arme etque le commando n’a enregistré qu’un blessé. Un courageux déserteur del’armée française que nous surnommions Ahmed El Garand, qui est arrivéchez nous armé d’un fusil de cette marque. Le journal parisien Le Mondeparlera, au lendemain de cette débâcle, de plus de 600 morts parmi leshommes des 4 généraux ! Les combats rapprochés ont fait rage jusqu’à ceque tombe la nuit. Aussitôt Baya El Kahla, qui avait organisé lesfemmes de la déchra, me rejoint et nous informe des multiplespossibilités de retraite qu’elles avaient aménagées. Elles nous donnentles mots de passe. Et à mesure de notre progression protégée par lanuit, nous rencontrions des femmes postées en éclaireuses pour ouvrirle passage et nous prévenir de la présence éventuelle de groupesennemis et des embuscades qu’il pouvait tenter. Rapidement, nous sommessortis de l’encerclement emportant avec nous une soixantaine d’armes,car c’est tout ce que nous pouvions porter. Nous avons laissé sur placedes dizaines d’autres que la population du douar devait récupérer pourles donner aux sections ou aux djounoud de leur région ou de leur zone.Ce fut la défaite de Massu et de ses trois généraux. Sans avoirl’honnêteté de reconnaître qu’il s’agissait d’une déconfiture, ilruminera jusqu’à la fin de ses jours son échec sur les cimes deBouzegza. Je n’ai jamais raté l’occasion d’enfoncer davantage le clouen rappelant aux pires de ses mauvais souvenirs, comment il y mordit lapoussière ! ça lui sapait son ego de grand stratège. Le fait d’avoirracolé quatre généraux comme lui, pour les convier à ce qu’il croyaitêtre un pique-nique estival, ou une randonnée de montagne, ajoute à sesrots atrabilaires.

Il ignorait et il a compris que tout ce qu’il savait de la guerrerévolutionnaire, c’était celle qu’il menait jusque-là contre le peupledésarmé. Que ce qu’il savait de la guerre tout court, c’était ce qu’ilavait accompli sous le bouclier tutélaire et protecteur des alliéspendant la Seconde Guerre mondiale. Anglais dans le Fezzan en Libye en1941 et Américain au sein de la deuxième DB de Leclerc en 1944. Lesquatre généraux n’avaient rien cogité, rien préparé, convaincus qu’ilsétaient, qu’ils allaient « casser du fell comme on va aux fraises ». Lecommando Ali Khodja leur a prouvé ce jour-là que la guerre n’est pasune promenade de santé. Ils avaient sous-estimé la combativité de leuradversaire, ils avaient méjugé la réactivité des djounoud de l’ALN,tout comme ils avaient surévalué leur capacité d’organisation qu’ilscroyaient naturellement supérieures à celles des indigènes que nousétions. Par ricochet, notre victoire revient aussi et indirectement àce jeune infirmier courageux de la section de Si Boualem qui les ainvolontairement jetés dans un guêpier.Le 4 août à Bouzegza, la victoire a été celle du remarquable commandoAli Khodja. C’est aussi celle de tous les moussebilin et de toute lapopulation de la région de Zima.Mais ce qu’on appelle la bataille de Bouzegza, ne s’arrête pas à lajournée du 4 août 1957…Le 8 août, soit trois jours plus tard, persuadée que comme la foudrequi ne frappe pas deux fois au même endroit, l’armée française nerepassera pas là où elle a déjà opéré, d’autant qu’elle en garde unsouvenir plutôt affligeant. Nous sommes donc revenus dans ce massif,après nous être reposés et repris des forces non loin de là. Mais ilsont eu exactement la même réaction et nous n’avions pas posé nos bardasque…

« El Askar ! El Askar ! »

Des deux versants montaient des colonnes de soldats. Nous noustrouvions entre les deux. Armés et comme toujours en tenue impeccable,nous sommes sortis et nous nous sommes engagés en colonne tout commeeux sur un sentier qui allait en direction de taillis assez touffuspour nous permettre de décrocher. Les avions arrivaient derrière nous.C’étaient des T6, « es seffra » (jaune), armés de mitrailleuses 12/7,qui approchaient en piqué sans tirer. Leur altitude n’était pas fortélevée et leur vitesse modérée (environ 250 km/h). Nous distinguionsparfaitement les pilotes qui jetaient des regards à partir de leurcockpit. Cette fois encore, notre sang-froid sera à l’origine de notresuccès. Alors que les appareils menaçants arrivaient dans notre dos enhurlant, sans nous démonter, nous leur faisions des signes amis de lamain pour leur signifier que nous étions « des leurs ». Alors que lesdeux colonnes, nous « encadraient » mais à distance, les avionspoursuivaient leur noria menaçante au-dessus de nos têtes.Tireront-ils, ne tireront-ils pas ? Au bout d’un moment, qui nous asemblé un siècle, nous nous sommes mis hors de vue, sous le couvertvégétal avant de nous disperser. Aussitôt, les pilotes comprennentqu’ils avaient été leurrés. Cette fois-ci, il n’y a pas eu d’engagementet nous avons réussi à nous faufiler à travers bois et ravines pournous éloigner du théâtre du ratissage. Aussi étonnant que cela puisseparaître, nous sommes revenus au même endroit le 12 août, croyant durcomme fer qu’un lieu que les Français ont ratissé, brûlé, bombardé,pilonné, « napalmé », serait le meilleur des abris. Mais la loi desprobabilités a été bousculée et pour la troisième fois, en une semaine,nous sommes tombés nez à nez sur l’ennemi. Nous venions d’ouvrir lesportes de l’enfer. Ce n’étaient plus des dragons, mais des paras. Tôt,les affrontements ont commencé avec l’engagement des ferka de siBoualem encerclé, sur une position qui lui était défavorable. Elles ontété pratiquement décimées, les pertes ont été considérables. Nous avonsperdu des hommes tout comme nous avons enregistré une dizaine deblessés. Notre connaissance du terrain nous a sauvés d’un immensepéril. Tout ce que l’ALN comptait dans cette zone de commissairespolitiques, de responsables des renseignements, de chargés de lalogistique, des agents de liaison, et toute la population avaient étésollicités pour nous permettre de sortir de la nasse avec le moins dedégâts possibles. Tirant les enseignements des deux précédentsaffrontements, cette fois les « léopards » ont mis pour ainsi dire lepaquet et se sont ingéniés à tenter de redorer le blason terni desquatre généraux. Un feu roulant ininterrompu, des pluies de grenades,que nous réexpédions d’ailleurs, car dans leur hâte de se débarrasserde l’engin explosif, ils lançaient aussitôt la goupille retirée, ce quinous donnait souvent le temps de les renvoyer à l’expéditeur. Ce quem’a appris mon expérience au maquis, c’est que si la peur estcontagieuse, le courage l’est tout autant. Lorsque vous savez que vouspouvez compter sur ceux qui se trouvent à votre droite et à votregauche, eux aussi sont convaincus qu’ils peuvent compter sur vous. Ceque j’ai appris à Bouzegza, c’est qu’au combat comme dans la vie, il nefaut jamais sous-estimer l’autre.

Posted Image amazitb1@yahoo.fr

Liste des membres du commando Ali Khodja encore en vie

Posted Image Zerari Rabah dit Si Azzedine
Posted Image Yahi Ahmed dit Ali Berianou
Posted Image Aït Idir Hocine dit Hocine
Posted Image Tounsi Djilali dit Abdelkader
Posted Image El Kahlaoui Abdelkader dit El Kahlaoui
Posted Image Rafaâ Louennass dit Rouget
Posted Image Kouar Hocine dit Hocine
Posted Image Blidi Abdelkader dit Mustapha Blidi
Posted Image Ben Salah Ammar dit Nachet
Posted Image Boulis Lakhdar dit Lakhdar
Posted Image Ladjali Mohamed dit Hamid Doz
Posted Image Rahim Mohand dit Bédja
Posted Image Si Athman
Posted Image Bachir Rouis dit Nehru
Posted Image Zerrouk
Posted Image Touhami Ali
Posted Image Nezlioui
Posted Image Kadi Mohamed-Chérif dit Chérif el Kbayli
Posted Image Hout Ahmed

Quelques action du commando Ali Khodja

Posted Image Juillet 1957 : accrochage à Djebel Belemou (Bou Zegza)
Posted Image 05 mars 1958 : accrochage à Belgroun
Posted Image 1958 : accrochage à Eryacha
Posted Image 1958 : accrochage à Lemchata
Posted Image 15 mai 1958 : accrochage à Maghraoua - 1958 : accrochage à Hadjra Essafra - 1958 : accrochage à Zaouïa (Soufflat)
Posted Image 1958 : attaque d’un camp près de Aomar
Posted Image 17 octobre 1958 : accrochage à Souflat
Posted Image 22 octobre 1958 : accrochage à Ouled Sidi Abdelaziz
Posted Image 06 janvier 1959 : accrochage à Tafoughalte (en Wilaya III)
Posted Image mai 1959 : accrochage des commandos des zones 1 et 2 près de Batna
Posted Image 1959 : embuscade à Aïn Oulmane (Sétif)
Posted Image 1959 : embuscade à Boutaleb (Aurès)
Posted Image Août 1959 : accrochage à Champlain.



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Un homme se leva et demanda permission d'appeler les fidèles à la prière.
Permission lui fût donnée:
- Vous pouvez les appeler, tant que vous les appelez à Dieu et non à vous-même.
- Mais comment saurais-je la différence?
- Si ça vous dérange que quelqu'un d'autre les appelle à Dieu, c'est que vous les appelez à vous-même.

#2
^_^Chaouia^_^

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TamattuT nnegh machi ghir i waghrom
Tattali zang u yis wa Traffed' agastur."
The shawi woman isn't just for house work
She rides the horse and carries a sword.